jeudi 27 mai 2010

Chronique 22 : curiosités marchandes de Sampa

C'est en voyageant que l'évident perd de sa transparence pour ne plus paraitre qu'une singularité. Quelques curiosités commerciales trouvées au brésil nous éclairent sur des pratiques indiscutées chez nous.

La première est l'affichage des prix se traduit souvent par le multiple d'une petite somme, le crédit étant généralisé pour des chaussures de sports, le petit électroménager, l'électronique. X3-30 pour 90$. C'est le poids du budget mensuel qui est déterminant. Pas très loin de ce procédé, il y a sur les marchés, une coutume peut courante chez nous, celle de vendre par lot. Les prix sont de 1, 2, 3, 4, 5 reais. Pas de balance pour en fractionner l'unité. Les quantités sont discrète. Preuve en est que le marché est fonction de convention.

Un second est la livraison à domicile qui est assez généralisée du supermarché au livreur d'esfirra et de pizza, sans oublier le gaz et l'eau. Mais c'est vrai qu'à quelques reais la livraison, la rareté du transport, le coût des parking, c'est un service parfaitement économique.

Le brésil reste encore une économie de consommation à tout petit prix, et laisse une écologie de petits marchands, une économie informelle de boût de ficelle se tenir sur les trottoirs : marchand de café et gateau tôt le matin, churrasco d'aluminium, marchand de dvd pirates. Quand la demande est au plancher de son étalon, le tout à 1 euro, et que les coûts sont écrasés, fleurit une économie des petits riens.

La boulangerie est un endroit étonnant. Les doces ont d'ailleurs pris le dessus sur le pain qui se débite en petit pain à la francese. La boulangerie est aussi un point de restauration : plats du jours, feijao, pizza, lanches, jus de fruit, mortadelle et provolone, elle associe le Portugal, l'Italie, les fruits tropicaux sur un bar un Inox.

Les petshop sont incroyablement nombreux, non seulement boutiques d'accessoires et d'aliments, ils sont aussi des salons de coiffures, exact miroir des nombreux coiffeurs et manucures. Les brésiliens prennent soin d'eux. Tête, pied et main, et le corps aime les huiles, les crèmes. Projetteraient-ils sur les animaux le soin qu'ils s'accordent? A moins que ce ne soit qu'un effet d'optique, dans la ville géante, les riches sont nombreux, et la bonne qui ballade les chiens un personnage persistant au bas des immeubles d'Hygienopolis. Les chiens de Sao paulo sont sans doute les mieux coiffés du monde.

crédit photo

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