dimanche 25 juillet 2010

Direction de Thèses

Drgoon - beco do batman - SP
Direction de thèses en cours 

  • Asma Barkaoui "modélisation des taux de click" - Contrat cifre Isobar
  • Eric Barquissau -" Espaces clients : appropriation des relations dématérialisée" ATER UPPA
  • Amine Benabbi - "Analyse contingente de la satisfaction" contrat cifre INIT-conseil
  • Anne Marie Champoussin - " Comparateurs - un espace public" enseignante.
  • Ali Kazemi, General Manager : " Satisfaction, image et relation client" Bordeaux IV 
  • Klaus Ostereich - " innover en phase de déclin" Professeur associé; Worcester  Business School
  • Vin Tran Quan - " Notes et recommandations consommateurs - influence sur le choix"
  • Edmond Kouadio - " Impact de l'acquisition sur la fidélité client" Cifre - Varibase
  • Laurent Bravetti - " facteur de réussite de la mise en oeuvre d'une papproche CRM"
  • Souleiman Turki - " Sources de valeur de l'approche client" bourse Syrie

Thèses soutenues

  • Herbert Casteran - Toulouse, septembre 2010 - (avec Lars Meyer-Waarden)
  • , Paris Ouest, septembre 2009
  • Audrey Bonnemaison, UPPA dec 2008 - maître de conférences Université d'Evry
  • Zoubir Zarouck - Paris Ouest -
  • Fernando Fereira - Paris ouest 2008 - Professeur Universidade do Madeira.
  • Mohammed Benssedik (Oujda) - Maître de conférence , Université d'Oujda
  • Delphine Baillergeau, Maitres de Conférences, Université d'Amiens (UPPA 2006)
  • Firmanzah, UPPA, Dean of Business and economics faculty, Universitas of Indonesia
  • Anne-Hélène Simonin,  l'engagement au coeur de la relation coopérative, (UPPA, mai 2004)
  • Sam Dvezer, Aspect internationaux du marketing Btob ( HDR, UPPA, juin 2004)
  • Jean Frisou, Fidélité et confiance (UPPA, 2003)
  • Jean-Philippe Galan, (avec Eric Vernette, Toulouse 2003), Maître de conférence à l'Université du Capitole.
  • Lars Meyer Waarden (Pau, décembre 2002) Professeur à l'Université de Strasbourg.

mercredi 21 juillet 2010

Jurys et autres évaluations



La vie d'un universitaire est aussi celle d'un évaluateurs. Entre les revues et les jury de thèses, une large partie du temps est consacré à lire, à critiquer et rédiger des rapports. C'est ce qu'on appelle participer à la vie de la communauté. Une corvée quand les travaux sont sans grand intérêts, une véritable stimulation quand on y trouve des idées.

Revues

Parceque le travail se fait en double aveugle ( le "réviseur" ne sait pas qui a écrit et l'auteur qui le révise), on ne donnera pas plus de détail que les revues pour lesquelles on fait ce travail de manière régulière.


Jury de thèses
  •  
  • Virginie Pez

mardi 20 juillet 2010

Chronique 26 : Business modèles : une écologie.



La notion de modèle d'affaire est apparue dans les années 90 très certainement pour prendre en compte des faits curieux : des entreprises sans chiffres d'affaire qui prospèrent, des entreprises qui font financer par leur client la masse de leurs investissements, des entreprises qui font payer par d'autres le service qu'ils offrent aux uns, des entreprises qui le produit et se payent sur le service etc...Les premiers articles académiques apparaissent au début des années 2000, celui de Magretta en 2002 étant le premier à distinguer cette notion de celle de stratégie.

Ces curiosités ont fait apparaître que l'entreprise ne peut se réduire à un flux d'input, plus ou moins transformés dont le prix de vente permet de couvrir le coût d'achat, le coût de transformation et les coûts d'organisation et de financement. La valeur qui justifie le prix n'est pas forcément dans le bien transformé, mais dans l'usage qui en est fait. C'est bien la thèse centrale d'un bel article de Teece paru récemment dans un numéro spécial de Long Range Planning, et qui resitue clairement les rapports entre Modèles d'affaire, stratégie de l'entreprise et Innovation.

Le modèle d'affaire est ainsi une équation économique qui décrit non seulement des flux de revenus mais des flux de ressources, qui produisent la valeur. C'est aussi une architecture qui associe l'organisation et les différent partenaire, une écologie. C'est enfin une représentation qui oriente les décisions des managers.

Sur l'équation économique, une remarque fondamentale est que l'entreprise et le produit ne condense plus toute la valeur. Le produit, ou le service, prend de la valeur en fonction de l'information qui lui est associée (c'est bien là le rôle du web2.0), des autres usages qui sont associés à sa consommation, de la valeur que lui attribue les autres. consommateurs La création de valeur pour le consommateur revient donc moins à être capable de produire un service donné qu'à organiser sa consommation, l'expérience de consommation.

Une seconde remarque est que les marchés ne sont pas donnés. On a pu croire à une objectivité de marché à l'ère industrielle où l'unité du marché était définie par un type de produit relativement homogène, les marchés sont en fait éclatés, fragmentés, et ne tiennent même pas avec la glue du besoin. C'est le cas des marchés duaux de la presse. D'une part un groupe étroits de clients qui ont besoin d'un accès à l'audience et sont prêt à payer des montants élevé, d'autre part un groupe étendu qui attend de la distraction, de l'information, de l'identification mais dont le consentement à payer est faible. La valeur du bien pour le premier dépend de la popularité du second, et la valeur pour le second dépend de la discrétion du premier. La valeur du bien n'est donc pas universelle mais dépend de cette interaction. L'équation économique se définit aisément, mais est difficile à paramétrer!

On comprend bien ici qu'il ne s'agit pas que de concevoir un produit et de le produire économiquement, le rôle du modèle d'affaire est d'organiser cette écologie de valeur en définissant l'architecture qui la produit. L'architecture est constitué par les alliances, les organisations et les technologies; l'écologie est le flux des valeurs que cette architecture canalise.

Les nouvelles entreprises ne se construisent pas sur l 'invention d'un produit et la capacité d'en financer la production, mais sur l'idée de canaliser des flux d'interaction et en structurer le courant. C'est l'idée qui est au coeur : cette compréhension des flux d'échanges qui produisent de la valeur. Une invention qui n'est plus d'ordre technique, mais sociale. Le business model est au fond de trouver une recette d'ingénierie sociale, faire confluer en un lieu, une offre, un objet, assez de désirs pour que quelques un en paye le le prix suffisant pour payer les infrastructure qui les réalisent.

La stratégie vient ensuite, ainsi que l'innovation. Teece défend assez bien cette idée pour que nous ne la défendions pas. Il reste cependant assez évasif sur la nature du BM pour que nous le discutions ici.

Le modèle d'affaire est une architecture sociale, qui associent des organisations pour produire de la valeur et structurer les coûts qui la produisent, et réalise une équation économique soutenable : elle produit pour ceux qui investissent, des bénéfices suffisants pour poursuivre l'effort, elle suscite des dépenses suffisantes pour couvrir les coûts. Ce que l'idée du modèle d'affaire nous apprend est que cette économie ne se réalise pas uniquement au sein de la firme, mais nécessite d'associer, de fédérer un nombre plutôt élévé d'organisations. De former des corps, des milieux, de construire les marchés.

Du point de vue du marketing, cette conception a une conséquence importante. Il ne s'agit plus seulement de définir des segments et des offres, et de donner une réponse en terme de produit de service et d'image, mais de structurer une partie de l'espace social pour que la valeur soit produite. Le marketing n'est plus seulement cette displine vouée à satifaire des besoins, ni celle qui produit du pouvoir de marché, ni même encore celle qui crée des relations durables et profitables, mais cette activité qui vise à organiser des portions de la société pour qu'un flux de valeur durable suscite des consentement à payer et à investir soutenable.

Il reste à en établir l'écologie, une écologie de la valeur.


crédit photo - banksy un beau modèle de freemium!

samedi 10 juillet 2010

Chronique 25 - Limites et frontières - re-anthropiser le management


Le propre des sciences de gestion est de développer des doctrines d'action pour résoudre des problèmes pratiques, du genre faire ou faire faire, centraliser ou décentraliser, payer en fonction de la performance ou de l'effort etc...

C'est dans l'identification de ces problèmes que la connaissance managériale se produit et se diffuse. Voilà qui conduit à éclatement permanent du champs, celui-ci se constituant par une multiplicité de problèmes, il fait appel à une multiplicité de cadres théoriques et méthodologiques, ce qui aboutit généralement à la production d'un grand nombre de doctrines dont la durée de vie ne survit pas aux problèmes.


Par période cependant, certains d'entre eux émergent avec une large généralité Ainsi dans les années 80, la question de l'externalisation ou de l'internalisation des activités, s'est imposée comme la question la plus récurrent, de même un peu plus tard celle de la connaissance et de l'apprentissage. Aujourd'hui un problème de cette sorte semble émerger et se manifester à travers les champs-sous-disciplinaires.


Ce problème est celui des limites et des frontières. Si nous avions cru mettre une ligne claire entre un domaine public et un domaine privé, cette limite s'efface, se fronce, se replie : les techniques de gestion privée s'introduisent dans le champs public, des préoccupations d'intérêt public se développent dans le champs privé. De même l'expérience de la massification du net, pose des problème d'identité, et de distinction de se qui relève d'une sphère privée, et d'une sphère publique. Les marché eux-même semblent diluer leur limites...Sans compter la structure des marchés que le double mouvement des technologies et de la globalisation recomposent, et celle des organisations dont les formes en réseaux rendent moins lisible les limites, et y créent de nouvelles frontières .


Pour allouer les ressources, le gestionnaire doit au moins avoir une vision claire de son environnement, du dedans et du dehors. Cette question est ancienne, un Thomson, un aAdrich, un Jemison, l'on tlargement développer avec d'autres. Si ces idées demeure pertinentes, elles rencontrent cependant une difficulté : celle de l'identification des limites de l'organisation et celle consécutive de définir la structure des frontières.


Les limites ne sont pas toujours naturelles, elles se définissent moins en rapport à un extérieur qui présuppose qu'un intérieur soit établi, qu'à une ontologie : ce que l'on croit être. Et cet acte fondateur, permet de manière secondaire d'isoler un système, en réduisant ainsi l'incertitude aux variations internes. Les limites sont construites et permettent d'échapper à une grande part de l'incertitude que génère les relations multiples que chacun des éléments entretiennent. Les frontières sont les dispositifs qui régulent les relations que l'intériorité ainsi créée doit cependant établir avec ce dont elle s'est séparée. Les frontières sont l'ensemble de ces dispositifs qui régulent l'échange, permettent d'en contrôler l'écoulement, et recréent en dépit de cette séparation une réunion avec le reste du monde. Par leur nature, elles suscitent aussi la contrebande. Et pour s'en convaincre pensons aux entrepôts, au procédures de réception, et à la gestion du stock, et a contrario aux technique de JIT, de build by order et quelques autres qui retracte la limite de l'entreprise et motivent le développement d'autres interfaces que l'entrepot. 


De ce point de vue on peut interpréter le monde de l'économie contemporaine et de ses organisations en terme d'effacement des limites. La vague de dérégulation, l'introduction de stratégies flexibles ou agile,s le développement de technologie favorisant la porosité, à l'instar des technologies dites sociales, auraient donc dissous une grandes partie des limités considérées comme naturelles, remettant en cause des frontières qui pourtant perdurent souvent, et paraissent les éléments pathologiques de l'organisation -la remise en cause des limites, ne s'accompagne de celle des frontières. Toute une série d'éléments mettent le dehors dedans, et  projette à l'extérieur ce qui était à l'intérieur. Pour un exemple simple : quand les consultants d'IBM gèrent le SI dans les murs de l'entreprise, et quand les bases de données sont projetée hors des murs, où sont les limites de l'organisation?

Notre argument ne considère pas que le mouvement aille vers l'abolition de toutes les limites, d'autres naissent, et se construisent, obéissant au même impératif de réduction des incertitudes. Mais leur localisation n'est pas toujours bien établie, et les critères qui les fondent restent obscurs. La question de la vie privée en est un des beaux exemples. Si les individus tendent à rendre public des informations considérées traditionnellement comme privée pour bénéficier de certains avantages, les firmes contribuent aussi, et pas forcement dans le même sens, à rendre public ce qu'on s'efforce à maintenir discret. Le résultat en est incertain, mais ce dont on peut être certain est qu'il se résoudra dans une redéfinition du sujet, de ses libertés et de son identité. C'est aujourd'hui l'affaire d'une bataille politique, juridique, morale, économique, on en observe déjà quelques effets.

Ces limites et ces frontières doivent donc être aujourd'hui un objet de recherche central qui demande à la fois une multiplicité d'angles d'attaque en termes de domaines et et de méthodes mais sans doute encore plus cruellement en termes conceptuels. Si l'histoire a largement définit les limites en termes territorial, la géographie des états, celle de l'espace public et de l'espace privé, celles des haies, des murs de l'usine ou les clôtures des foyers, il semble qu'une autre catégorie de pensée s'y ajoute à moins de s'y substituer. La redéfinition des limites, et des propriétés, s'appuie moins sur la carte, que sur des droits d'administration. Un exemple typique est celui des formules versionnés d'abonnement aux sites internet. Le paiement d'un abonnement donne un droit complet à gérer un espace, sans qu'aucun tiers de s'y immisce. L'accès gratuit au contraire autorise les tiers à coloniser l'espace, celui de l'espace publicitaire. On retrouve ici les idées du droit de l'accès de Jeremy Rifkin. Mais on comprend aussi dans un monde où les flux d'information dominent désormais les flux matériels, dans la mesure où la représentation de ces derniers prend une importance grandissante dans la prise de décision, que c'est la nature même de la propriété qui change.

L'objet de la propriété se trouve moins dans la valeur nue du bien, et dans le droit à sa libre jouissance, que dans la capacité de donner aux autres des droits d'usage. C'est ainsi qu'on peut abandonner la propriété sur une idée, un texte, une information, mais en réguler l'usage. C'est le sens profond des logiciels libres et du copyleft. Ces créations même abandonnées de fait au bien commun, restent l'objet d'un contrôle du droit d'administration dont bénéficie son inventeur.


Si le principe que les limites se forment par isolation d'un système demeure pour en réduire l'incertitude, son point d'application prend d'autre formes que celles du monde matériel. Quand le comptoir marquait la frontière entre le vendeur et l'acheteur, marquant le lieu où la propriété se transfère, cette limite se résout dans une énumération des conditions d'usage et plus encore dans les dispositifs de filtrage. Dans un monde d'information, s'isoler c'est filtrer. Le volume, la diversité, les variation de qualité de l'information sont désormais la source principale d'incertitude, et tout laisse à penser que les frontières se constituent dans les dispositifs de tri, d'évaluation et de sélection, du flux continu d'information. On en revient au xclassiques avec cette réserve, que l'information pertinente se se rapporte pas qu'au monde matériel, mais se présente comme meta-information, une information sur l'information, de manière abysmale.


Une conséquence de cette retour à l'agenda de la question des limites et des frontières, nous l'avons déjà entraperçu, est la question du sujet. Si le sujet moderne s'est constitué dans cette triple idée des droits de propriétés qui favorisent l'échange, d'une intériorité qui garantit sa liberté politique, et d'une raison qui conduit à chercher ici-bas, dans nos facultés d'entendement et de catégorisation, la nature du monde, on peut s'interroger sur la mutation du sujet. Des droits d'accès pour exister ? La transparence qui fonde la confiance nécessaire au marché?  L'émotion comme seul guide dans un monde qui échappe à la compréhension?

La recomposition des limites est certainement associée à une évolution du sujet., les post-modernes ont suffisamment souligné cette transformation sans convaincre. Leur pessimisme exagéré peut sans dommage être modéré par la thèse des nouvelles modernités, des modernités liquide ou des modernités multiples  La rencontre des cultures remet en cause le sujet tel que l'occident l'a fait naître sans le faire disparaitre. Son universalité est contestée, mais son principe demeure. Le souci obstiné qui semble traverser les sociétés: ::trouver un sens de l'humanité en est la manifestations. A l'heure post-coloniale et post-impériale, et de la réécriture des cartes du monde, le fait nouveau du sujet est d'en en rencontré d'autres qui présentent des prétentions similaires.


Il y a une matière à penser pour le gestionnaire, si l'allocation rationnelle des ressources dans un espace dont les découpes sont brouillées et les frontières plantées sans accord est un exercice difficile, voir impossible, il faudra apprendre à distribuer ces ressources sans compter, sans mesure., sans catégories Nous devons faire l'hypothèse que les arpenteurs ne sont plus en mesure de fixer les titre de propriété, et que la bonne gestion est celle qui tient compte non seulement de son propre intérêt, mais aussi de l'intérêt de l'autre. Peut-être en reconsidérant la nature de la limite, moins comme une césure, que comme l'esquisse d'une altérité., la prise en compte d'une autre limite que celle de soi. Celle du visage d'autrui, celle de l'humanité du visage


La limite n'est pas seulement la limite que l'organisation se donne, mais celle que les autres tracent. Les frontières ne sont pas que le régulateur de nos incertitudes, mais aussi celui de nos relations aux autres. Re-anthropiser la gestion revient donc à revenir sur la questions des limites, en les pensant doubles : celle de l'organisation et celle que les autres organisations dessinent. Dans quelle mesure se superposent-elles, se croisent-elle, s'éloignent-elles ? Comment en fonction de leur topologie bâtir des frontières pour les faire coexister ?

Le champs de a politique internationale présente ce problème de manière très concrête avec la question palestinienne. On lira le point de vue de Bertrand Badie  , qui dans l'idée d'intersocial , pose le problème du multilatéralisme. Audelà de l'illustration, on comprend l'enjeu. Quand les limites ne découpent plus l'espace, la gestion n'est plus un problème d'allocation optimale des ressources, mais celui de la prise en compte des intérêts de l'autre a minima pour préserver les siens.

Réintroduire l'humain, c'est sans abandonner l'idée du sujet, le considérer comme dépendant de l'autre, dans un rapport qui n'est pas calculable car par nature seuls les objets le sont. ce n'est pas pour rien que les idées de responsabilité sociale ou de développement durable se développent. Ce n'est pas pour rien, qu'une exigence d'éthique se manifeste, que l'on prend en compte les diversités, et que le don apparaisse comme un acte normal de gestion. Ces doctrines en aveugle sont au-delà d'être des justifications à la légitimité des organisations, les essais aveugles d'organisations qui devinent qu'ils ne suffit pas d'établir un dehors et un dedans, car dedans il y a encore du dehors : l'ouvrier au dedans, reste un citoyen. 

Réintroduire l'humain dans la gestion, c'est devoir penser que si les organisations peuvent penser leur limites, les déplacer, les redessiner, à fin d'une meilleure gestion, elle ne peuvent s'isoler entièrement du social, qui lui fixe ses limites de telle manière à y inclure les organisations. Et ce social se construit dans le rapport à l'altérité, une altérité radicale qui fait que l'autre reste insondable.

Re-anthropiser la gestion, n'est pas que prendre en compte que des hommes sont dans en en-dehors de l'organisation, c'est reconnaitre que le calcul est insuffisant, et que la générosité est nécessaire. Et il faudrait rappeler une très vieille idée de la théorie des organisation : celle de slacks organisationnels, ces excédents qui évite le coûts des accidents. Sans doute devrions nous, penser à un excédent social. Cette générosité de l'organisation envers un environnement qui la pénètre.


vendredi 2 juillet 2010

Chronique 24 : La fête d'ETO - On Off

Merci à Yan de m'y avoir invité au titre d'un observateur attentif. Merci aussi d'y avoir découvert cette chose que je savais déjà. Dans le Nord, entre Lille, Roubaix et Tourcoing, s'est construit dans les années 90 une véritable école du marketing. Un Chassé croisésdes spécialistes de la VPC, des faiseurs de bases de données, quelques universitaires. Une communauté de pratique comme diraient mes amis stratèges.

Eto en est finalement une des jolies réussite. Je sais qu'ils sont encore sous le choc de la disparition d'un de ses fondateurs, Nicolas Leconte, J'ai été étonné de cet esprit de famille qui s'empare de Paris, mais au fond garde dans l'esprit cette âme ouvrière du nord. Des mines au textile, s'est construit un ethos surprenant qui célèbre la modernité avec le recul de valeurs familières. Elles seront celles des familles, du clans après tout ce pays s'est construit dans l'esprit de l'italie, des belges, des polonais, des algériens, cet esprit des courées et du carnaval de Dunkerque, dans la lutte des classes, et la lutte de la reconversion., dans la lutte simplement. Comment passer de l'industrie au service, de la mine à l'hypermarché, des ateliers à la VPC? D'hier à aujourd'hui?

Dans ce désordre culturel une culture s'est formée. Ce fût donc ce premier juillet un bonheur de participer à la fête, de dire simplement ce que vingt ans d'observation d'un monde qui change vite apporte à tout le monde. C'est cette école qui m'a formé. Une école invisible, qui va des collèges privés à l'université. Du pied des terrils aux cités ouvrières. Un monde de plaine où les montagnes sont le fruit du travail.

L'event s'est produit à la terrasse de l'institut du monde arabe. Je n'en sais la raison, mais j'en vois le signe. Entre les watergang et la Deule, les champs de betteraves et les usines fumantes, de Courrière à Hondschoote, il y a une sorte d'unité. Celle du travail, celle de la douleur, et cet espoir de s'arracher d'une terre morne mais nourricière.

Et ce pays sans charme, que la bière et le café, sans autresgloire que ses cimetières, fait frissonner. Dans les chemins d'hivers, et les maisons de briques, une génération s'est levée, jouissant sans manière, faisant un monde nouveau et donnant la beauté à ce qui n'aurait pu être qu'un désastre.

Ce pays est le notre. Un terreau d'émigrés. Une école aussi. J'en suis un des enfants. Une école curieuse, façonnée par les associations - je me souviens des colombophiles, des philatélistes et des harmonies. Ne vous demandez pas pourquoi c'est ici que les formes modernes du marketing ont pris leur essor.

Pour inventer les formes modernes du commerce il fallait un grand sens populaire, et l'amour de l'industrie. Il fallait comprendre que les ouvriers dans leur chemins vers la classe moyenne puissent rencontrer le commerce moderne. La VPC et Auchan. Les instituteurs et les porions.

Cette école n'est pas venu par hasard, le goût de l'art des ouvrières a rejoint l'amour de la technique des ingénieurs. Du bassin minier aux plaines de Flandres, un sens du métier s'est construit associant le goût de la forme à la rigueur des procédés. Nous pourrions en faire une histoire plus précise, mais il est assez de l'évoquer pour comprendre que la culture n'est pas pas une nature mais un résultat.

Celle du nord associe la diversité des cultures et des aspirations, le savoir-faire des ingénieurs, la patience face à l'adversité, la force des solidarité, une série d'ingrédients qui font qu'en certains endroits on peut inventer un métier neuf à l'ombre des briques et des nuages