vendredi 2 juillet 2010

Chronique 24 : La fête d'ETO - On Off

Merci à Yan de m'y avoir invité au titre d'un observateur attentif. Merci aussi d'y avoir découvert cette chose que je savais déjà. Dans le Nord, entre Lille, Roubaix et Tourcoing, s'est construit dans les années 90 une véritable école du marketing. Un Chassé croisésdes spécialistes de la VPC, des faiseurs de bases de données, quelques universitaires. Une communauté de pratique comme diraient mes amis stratèges.

Eto en est finalement une des jolies réussite. Je sais qu'ils sont encore sous le choc de la disparition d'un de ses fondateurs, Nicolas Leconte, J'ai été étonné de cet esprit de famille qui s'empare de Paris, mais au fond garde dans l'esprit cette âme ouvrière du nord. Des mines au textile, s'est construit un ethos surprenant qui célèbre la modernité avec le recul de valeurs familières. Elles seront celles des familles, du clans après tout ce pays s'est construit dans l'esprit de l'italie, des belges, des polonais, des algériens, cet esprit des courées et du carnaval de Dunkerque, dans la lutte des classes, et la lutte de la reconversion., dans la lutte simplement. Comment passer de l'industrie au service, de la mine à l'hypermarché, des ateliers à la VPC? D'hier à aujourd'hui?

Dans ce désordre culturel une culture s'est formée. Ce fût donc ce premier juillet un bonheur de participer à la fête, de dire simplement ce que vingt ans d'observation d'un monde qui change vite apporte à tout le monde. C'est cette école qui m'a formé. Une école invisible, qui va des collèges privés à l'université. Du pied des terrils aux cités ouvrières. Un monde de plaine où les montagnes sont le fruit du travail.

L'event s'est produit à la terrasse de l'institut du monde arabe. Je n'en sais la raison, mais j'en vois le signe. Entre les watergang et la Deule, les champs de betteraves et les usines fumantes, de Courrière à Hondschoote, il y a une sorte d'unité. Celle du travail, celle de la douleur, et cet espoir de s'arracher d'une terre morne mais nourricière.

Et ce pays sans charme, que la bière et le café, sans autresgloire que ses cimetières, fait frissonner. Dans les chemins d'hivers, et les maisons de briques, une génération s'est levée, jouissant sans manière, faisant un monde nouveau et donnant la beauté à ce qui n'aurait pu être qu'un désastre.

Ce pays est le notre. Un terreau d'émigrés. Une école aussi. J'en suis un des enfants. Une école curieuse, façonnée par les associations - je me souviens des colombophiles, des philatélistes et des harmonies. Ne vous demandez pas pourquoi c'est ici que les formes modernes du marketing ont pris leur essor.

Pour inventer les formes modernes du commerce il fallait un grand sens populaire, et l'amour de l'industrie. Il fallait comprendre que les ouvriers dans leur chemins vers la classe moyenne puissent rencontrer le commerce moderne. La VPC et Auchan. Les instituteurs et les porions.

Cette école n'est pas venu par hasard, le goût de l'art des ouvrières a rejoint l'amour de la technique des ingénieurs. Du bassin minier aux plaines de Flandres, un sens du métier s'est construit associant le goût de la forme à la rigueur des procédés. Nous pourrions en faire une histoire plus précise, mais il est assez de l'évoquer pour comprendre que la culture n'est pas pas une nature mais un résultat.

Celle du nord associe la diversité des cultures et des aspirations, le savoir-faire des ingénieurs, la patience face à l'adversité, la force des solidarité, une série d'ingrédients qui font qu'en certains endroits on peut inventer un métier neuf à l'ombre des briques et des nuages

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