samedi 30 octobre 2010

Chronique 29 : Eloge de la dissémination !



Lisant une des chronique de mon collègue et ami Jean-Philippe Denis à propos des nouvelles pratiques des étudiants, notamment celle de la régénération des vieux poly à la sauce Facebook, je ne peux qu'avoir en tête qu'une table ronde à laquelle j'ai participé ce Jeudi 28 octobre de la  journée de doctopolis - (Journée débat sur le recrutement via les réseaux sociaux).

J'y ai heurté quelques collègues en parlant d'"universités poussièreuses" encore à l'age 0.0 en matière de publications. Je n'évoquais pas ce monde obscur mais nécessaire des revues scientifiques qui sont lues par les seuls spécialistes de la question ( et encore!), mais la production quotidienne qui prend la forme de mémoires de master et de thèses doctorats.

L'idée générale que je défendais, est que le travail de recherche mérite une diffusion précoce et générale, et que les doctorants ont tout intérêt à bloguer et à partager le savoir qu'ils construisent, au moins dans la perspective de bâtir les réseaux de leurs futurs emplois ( et oui! la baisse des recrutements dans de nombreuses disciplines conduit les docteur à envisager- quel horrible mot - une professionnalisation en-dehors du monde de la recherche et de l'enseignement). La vertu des réseaux sociaux, et de cette auto-publication de constitue les blog, dans leur combinaison permettent de toucher avec régularité des destinataires potentiels très rare. S'il est une chance sur 10 000 de rencontrer celui ou celle qui est intéressé par des travaux pointu, le miracle des réseaux sociaux peut transformer l'improbable en régularité, et résoudre ainsi le problème de marché avec friction dont la modélisation vient d'être récompensé par un prix nobel.


Mais combien de thèses et de mémoires restent enfouis dans les rayonnages et les tiroirs? Que font les universités pour les diffuser? A Paris Ouest rien sinon décerner 3 prix de thèses, Paris IV débute timidement. Il reste à faire l'inventaire des initiative, je crains qu'il ne soit maigre.

Et pourtant!Je me suis amusé la semaine dernière à diffuser très fraichement (dans les deux heures de la soutenance) quelques un des bons mémoires de master qui ont été soutenus ce jour là. Avec le soutien d'un ou deux petit tweets et de quelques liens FB, 2000 visites ont été obtenues dans le WE, dont 500 pour le mémoire qui a eu le plus de succès. Idem pour les thèses ( la dernière que j'ai fait soutenir enregistre 273 vues...).

On pourrait imaginer généraliser, rien de plus simple....Il y a même dans les formulaires de soutenance, une croix qu'on coche sans savoir bien à quoi elle correspond : l'autorisation de publication en l'état. Cette croix pourrait être assortie d'une signature du doctorant acceptant la diffusion sous licence Creative commons ( ce bel objet juridique qui protège le partage), et faire que dans les heures qui suivent la soutenance, avec quelques tweets en renfort, ces trois ou quatre ans de travail puisse aller directement irriguer les canaux de la connaissance au lieu de s'assécher on ne sait où.

Oui à l'université ouverte, celle où sa principale activité, la production de connaissance, sous la forme de mémoires et de thèses, soit diffusée à mesure qu'on la produit. Que nos étudiants suppléent à nos insuffisances est à la fois un bonheur, et une inquiètude. Dans tout les cas, je reste persuadé que ce que nous faisons à l'échelle artisanale est une nécessité vitale, en attendant que nos institutions enfin vient dans les réseaux et les blogs autre chose que le bricolage des étudiants.

Cependant le tableau n'est pas si noir, ce travail commence a être fait pour les revues savantes : le  CAIRN ( en dépit de son accès limité), mais mieux encore le Cléo se sont attelés à la tâche. Reste à l'engager pour des productions plus modestes : nos cours, les mémoires et les thèses! Au fond un bien vieux projet, celui de Larousse et de sa semeuse : disséminer.

1 commentaire:

  1. Excellente analyse du monde universitaire qui peine à insérer ce qu'il forme ...!
    Le Cléo était présent, hypothèse a enthousiasmé l'audience ...

    C'était la première sortie de "Doctopolis" hors des murs de Paris Ouest, et le début d'un succès dans un contexte de grève, de blocage universitaire ...

    Prochaine étape rassembler les Directions de Ressources Humaines et les Doctorants pour un dialogue constructif.

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